Ils sont jeunes… Ils sont joyeux… Ces merveilleux fous roulant sur leur drôle de trottinette électrique sont deux millions à rouler sans assurance. Souvent sans le savoir, ils prennent le risque de passer leur vie à rembourser les dégâts s’ils sont responsables d’un accident. S’il vous plaît, protégez-les : dites-leur !
L’assurance responsabilité civile obligatoire
Tout comme les speed bikes ou les hoverboards, les trottinettes électriques font partie des NVEI : les Nouveaux véhicules électriques individuels. Depuis 2019, elles sont, en termes de loi, classées comme Engins de déplacement personnel motorisés (EDPM).
Et, puisque c’est un véhicule terrestre à moteur (VTM), la trottinette électrique doit être couverte par, au minimum, une assurance Responsabilité civile (RC). Son rôle est de protéger le conducteur en cas d’accident responsable avec un tiers.
Lire aussi l’article « Doit-on s'assurer lorsqu'on circule à vélo ou en trottinette électrique ? ».
Comme toute RC, c’est l’assurance qui indemnisera les victimes en cas de dommages corporels ou matériels sur un piéton ou un autre véhicule.
Utiliser une trottinette électrique sans assurance est passible d’une amende de 750 €. Elle peut aller jusqu’à 3 750 € en cas de récidive.
Il est possible d’ajouter à la Responsabilité civile de base des options, comme une garantie contre le vol, si vous possédez une trottinette haut de gamme.
Si vous utilisez fréquemment votre trottinette, comme pour aller au travail, il est conseillé de souscrire une couverture pour vous indemniser en cas de blessures personnelles. Il est également possible de prévoir une clause pour couvrir les réparations matérielles.
Autre solution, intégrer l’assurance de la trottinette à l’assurance habitation. Certaines multirisques habitation comportent d’office cette couverture.
En fonction des options choisies, le coût de cette assurance varie de 3 € à 20 € par mois.
Pour connaître les règles d’utilisation de ce véhicule, lisez notre article « Trottinettes électriques : assurez-vous d’être assuré ! ».
Des jeunes inconscients du danger
Sur les 3 millions de trottinettes électriques en circulation en France, près de 2 millions roulent sans assurance. Pour la plupart, ils ne connaissent pas cette obligation d’assurance.
Pour la majorité, la trottinette est un jouet fun, pour les jeunes, et qui permet de se faufiler entre les files de voitures dans les embouteillages… Somme toute, un symbole de liberté.
Près de la moitié des utilisateurs de trottinettes électriques sans assurance ne dépassent pas 30 ans.
Beaucoup ont aussi choisi ce véhicule pour des raisons économiques, notamment les étudiants ou les chômeurs. Pour ces profils aux faibles revenus, c’est l’opposé d’une voiture.
Pour toutes ces raisons, nombreux sont ceux qui n’ont absolument pas conscience des risques à rouler sans assurance. Au pire, ils pensent à une rayure sur une porte ou un rétroviseur cassé. Pour eux, c’est un incident pour lequel il y a toujours moyen de s’arranger.
Aucun n’imagine être, un jour, responsable d’un accident corporel avec des séquelles graves. Ils ne voient pas le danger pour leur avenir.
En cas d’accident d’une trottinette électrique, c’est le Fonds de garantie des assurances obligatoires (FGAO) qui s’occupe de l’indemnisation des victimes. Ensuite, il se retourne vers le responsable et lui demande de rembourser.
Et, quelle que soit la situation du responsable, le FGAO poursuivra la procédure de récupération des dépenses engagées, jusqu’au dernier euro remboursé. Saisie sur salaire, hypothèque des biens immobiliers, gel des comptes bancaires…
Même en cas de surendettement, aucune remise de dette possible. Et, si le remboursement n’est pas terminé au décès du responsable, ce sont les héritiers qui devront s’en occuper.
Une obligation à rendre plus visible
Cette insouciance de la jeunesse entretient cette inconscience face au risque de détruire son avenir, pour quelques euros par mois d’économie.
En face, le FGAO a dépensé 132 millions d’euros d’indemnités en 2024. « Aujourd’hui les trottinettes électriques pèsent plus lourd que les deux-roues dans les accidents non assurés », précise le directeur général du FGAO.
Cet organisme étant alimenté par une contribution additionnelle sur tous les contrats d’assurance automobile, de nombreux assurés auto y voient une injustice. Ce sont eux qui paient à la place des conducteurs de trottinettes sans assurance, à travers leurs cotisations à leur assurance auto.
En fait, le problème est systémique. Comme il n’y a pas d’immatriculation des trottinettes, ni de carte grise, les contrôles routiers sont inefficaces. En l’absence de fichier centralisé comme pour les automobiles, il est impossible de vérifier si le véhicule est assuré ou non. D’où le peu de contrôle.
Le plus souvent, les utilisateurs de trottinette découvrent cette obligation d’assurance au moment d’un accident. Il est alors trop tard.
Tout le monde s’accorde donc sur l’obligation d’améliorer l’information. Certains proposent aussi d’imposer une vignette à coller sur la trottinette, comme pour les voitures auparavant. Les vendeurs et les loueurs devraient également jouer un rôle plus important, en matière de sensibilisation.
A La Réunion, il est très simple de souscrire un contrat d’assurance pour sa trottinette dans l’une des agences du Groupe Gesco Assurances. Ses conseillers vous aideront à trouver la meilleure solution pour vous.
Nouveau : ce courtier en assurance vient d’ouvrir une nouvelle agence à Saint-Louis, en plus de celles de Saint-Paul, Saint-Denis, Saint-Pierre et Saint-Leu.
